Par Brian Levison et Frances Farrer
Explorant une période de cinq cents ans, ce livre offre une collection fascinante de récits autour de la musique classique et des musiciens. Ce ne sont pas de simples anecdotes ou des faits sibyllins. La plupart ont eu des répercussions importantes dans l’Histoire de la musique, ou retracent avec pertinence l’état d’esprit et les mœurs musicales d’hier et aujourd’hui.
De Gesualdo à Stockhausen, de Bach à la Callas, mais également à travers des orchestres, des lieux, des personnages aujourd’hui méconnus, les auteurs éclairent sous un jour nouveau, et avec bien sûr énormément d’humour, la lente évolution de la musique classique.
On découvre ainsi que John Banister, violoniste de Charles II tombé en disgrâce, « inventa » les concerts payants.
Joseph Haydn composa la célébrissime Symphonie des adieux pour expliquer au Prince Estherazy que ses musiciens et lui-même en « avaient marre » de rester au palais d’Estheraza, et voulaient rentrer à Vienne. Dans le dernier mouvement, les instrumentistes s’arrêtèrent l’un après l’autre de jouer, et quittèrent la salle, leur instrument sous le bras. Dans les années 70, une hautboïste anglaise, quittant en premier la scène comme le veut l’exécution de l’œuvre, se trompa de porte et pénétra dans un placard à balais. Tous les musiciens, sortant à sa suite, la suivirent et s’entassèrent, avec force rires, dans ce local exigu.
Beethoven eut toutes les peines du monde à monter sa Neuvième symphonie. Contretemps et incidents s’accumulèrent, et lors de la première, alors que le public en extase s’était levé et applaudissait à tout rompre, il continua à diriger l’orchestre, dont un membre dut venir vers lui, et le faire se tourner vers le public, dont sa surdité lui avait interdit de remarquer l’ovation.
Stravinsky est désormais mondialement connu, et apprécié, mais les critiques de son Sacre du printemps, en 1913, n’hésitèrent pas à parler de Massacre du printemps. Une première composition impossible à jouer et danser, puis, un an plus tard, des dissonances auxquelles les oreilles n’étaient pas habituées, contribuèrent à lancer une polémique qui frisa parfois la violence.